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Société
Crise en outremer...  (08/03/2009)

La crise sociale à laquelle fait face le gouvernement d'aujourd'hui illustre bien le pis-aller de la politique ultramarine des gouvernements parisiens successifs.

Sans vouloir excuser ni même chercher à comprendre les comportements belliqueux observés de part et d'autre de la population guadeloupéenne, les observateurs métropolitains s'étonnent de constater la propagation de ce mouvement de rebéllion contre le statut-quo à la Martinique ou à la Réunion... A vrai dire, le mouvement ultramarin de ras-le-bol a pris ses sources en Guyane lorsque il y a quelques mois en arrière, la population avait décrété la grève générale en risposte à l'augmentation des prix du gazoil.

Ce n'est certainement pas par mimétisme que les guadeloupéens, les martiniquais et maintenant les réunionnais ont pris à leur tour le chemin de la grève générale.

L'incompréhension métropolitaine
Vu de la France métropolitaine et qui plus est, de Paris, ces mouvements sociaux ont vite fait d'endosser des accents de revanche anti-colonnialiste. La vérité n'est pas si lointaine mais pas dans le sens que l'on croit... Seul Yves Jégo, malheureusement trop vite débarqué de l'équipe de conciliation dépêchée sur place, a senti la profondeur et l'authenticité du malaise vécu au quotidien par les salariés et consommateurs de l'outremer...

Des prix de détail abérrants
Pour avoir vécu quelque temps à la Réunion et avoir fait mes courses, je peux témoigner de l'incohérence des prix pratiqués dans les DOM par les magasins de détail qui prennent véritablement les consommateurs en otage.
Comment expliquer autrement qu'une plaque de chocolat au lait puisse être facturée 4 ou 5 euros ? Comment justifier qu'un pack de 4 yaourts de base (et produits localement) vaille 4.5 euros ? En fait, on s'accorde à dire que les prix de détail à la Réunion sont 70% plus élevés que ce qu'ils coûtent en métropole !

Des inégalités sociales criantes
L'outremer est réputé pour ses plages, son taux de chômage mais on le sait moins (sauf les principaux intéressés) pour sa vie chère. Pour lutter donc contre la vie chère, les gouvernements de droite et de gauche ont mis en place et pérénnisé "une prime de vie chère" destinée aux plus faibles de la population. Par population, ne vous méprenez pas : il faut entendre la population des fonctionnaires qui, non contents d'avoir un CDI à vie avec un salaire relativement confortable, bénéficient en outre d'une aide officielle de l'Etat (donc de tous les contribuables) pour faire face aux prix extravagants pratiqués sur place. Le problème est que cette prime de vie chère est réservée exclusivement aux fonctionnaires : exit les salariés du privé qui eux perçoivent un SMIC on ne peut plus métropolitain, idem pour les diverses indemnisations (ASSEDIC, URSSAF...)

Pour illustrer cet article, vous lirez avec profit l'article du Figaro sur les différences de prix bancaires entre les banques métropolitaines et les banques d'outremer.. Le constat est édifiant...










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