

L'autorité de la concurrence vient de remettre sa copie sur les différences de prix entre les départements et territoires d'outremer et la Métropole. Cette autorité administrative et publique a pour mission principale d'analyser et rendre des avis sur les situations de concurrence dans les marchés. Elle a été créée par la Loi de modernisation de l'économie et succède ainsi au Conseil de la concurrence.
Les coupables montrés du doigt
Dans son avis du 8 septembre 2009 relatif au frêt maritime et à la grande distribution dans les DOM, l'Autorité de la concurrence épingle surtout les distributeurs. Selon elle, si la petite taille des marchés locaux, l'éloignement des principalement des sources d'approvisionnement et l'octroi de mer sont certes de nature à augmenter les prix, ces trois motifs ne suffisent pas à eux-seuls à expliquer la différence de prix entre ceux des DOM et ceux pratiqués en France métropolitaine. Ces écarts peuvent aller jusqu'à 55% des prix constatés en Métropole !
Une absence de concurrence criante
L'autorité de la concurrence dénonce les barrières à l'installation de nouveaux concurrents (prix du foncier commercial par exemple mais aussi sans le dire le comportement récalcitrant des distributeurs en place). Elle met aussi en évidence le niveau de concentration élevé du secteur de la grande distribution. Par exemple, certains groupes détiennent à eux seuls plus de 40% des parts de marché sur la totalité de certains DOM. En outre, le système de contrats d'exclusivités territoriales entre fabricants et importateurs entretient artificiellement des prix élevés.
Les propositions de l'Autorité de la Concurrence
L'autorité propose de :
- réprimer plus durement les pratiques locales anti-concurrentielles mais cela suppose un contrôle régulier.
- faciliter l'installation de nouveaux acteurs de la distribution en supprimant les barrières à l'entrée
- moderniser les circuits logistiques en créant des centrales d'achat communes susceptibles d'aboutir à des prix plus abordables pour tous
- remettre en cause les dispositifs d'aide aux entreprises locales car ces aides n'incitent pas actuellement à la compétitivité. Ainsi, certains produits manufacturés en local (yaourts, café, eau de source) sont toujours plus onéreux qu'en France en dépit des aides consenties aux producteurs locaux.
- supprimer progressivement l'octroi de mer qui n'a pas fait la preuve de son efficacité et c'est peu de le dire !
L'autorité se prononce contre la réglementation des prix dont la mise en oeuvre est trop difficile et rappelle qu'elle doit rester l'exception.
La crise des DOM
Le site de l'Autorité de la Concurrence
